Taxe sur les salaires : vérifier le seuil de 90 %, le plafond de 1 200 € et les échéances

Amortissements et charges Par Hervé Castel Mis à jour le 26 octobre 2026

État de l'information au 26 octobre 2026. Vérifiez cette date avant de vous servir de cette page : les règles évoluent d'un exercice à l'autre.

Taxe sur les salaires

La taxe sur les salaires concerne les employeurs qui versent des rémunérations sans collecter, ou en collectant très peu, de TVA.

Le bon réflexe consiste à vérifier le statut TVA, le montant éventuellement dû et la périodicité de déclaration. Pour une association, une holding, une profession libérale, une banque, une assurance ou un organisme public, ce point change concrètement les obligations fiscales de l’année.

Le critère décisif : votre rapport à la TVA

La taxe sur les salaires est due par les employeurs domiciliés ou établis en France qui ne sont pas assujettis à la TVA, ou qui ne l’ont pas été sur au moins 90 % de leur chiffre d’affaires au cours de l’année civile précédente. Autrement dit, ce n’est pas la forme juridique seule qui déclenche la taxe, mais le lien entre les rémunérations versées et une activité absente ou faiblement taxable à la TVA.

Qui doit se poser la question en priorité ?

Sont notamment concernés les organismes sans but lucratif, certaines associations loi 1901, les établissements publics, les collectivités, les professions libérales exonérées de TVA, ainsi que des secteurs comme la banque ou l’assurance. Une structure qui exerce plusieurs activités doit isoler la part taxable et la part non taxable, car une activité mixte peut faire naître une obligation même si une partie du chiffre d’affaires supporte la TVA.

Une confusion apparaît souvent dès le début de l’exercice : la taxe sur les salaires est parfois traitée comme un sujet de paie, alors qu’elle dépend d’abord de la cartographie fiscale de l’activité. Le bon réflexe consiste à conserver, dès la clôture, la trace du chiffre d’affaires soumis à TVA, du chiffre d’affaires exonéré et des rémunérations rattachées. Cette discipline évite de découvrir trop tard qu’un changement d’activité, une subvention, une exonération de TVA ou une prestation hors champ a modifié le seuil de 90 %.

Employeurs exonérés : les cas à écarter avant de calculer

Certains employeurs ne sont pas redevables de la taxe sur les salaires, même s’ils versent des rémunérations. C’est le cas lorsque l’activité est suffisamment soumise à la TVA, en pratique lorsque l’employeur a été assujetti à la TVA sur au moins 90 % de son chiffre d’affaires l’année précédente. Les entreprises totalement soumises à la TVA sortent donc généralement du champ.

Une infirmière aide un patient en fauteuil roulant dans un couloir d’hôpital, secteur de soins

Associations et organismes sans but lucratif

Les associations ne sont pas automatiquement exonérées. Elles doivent vérifier leurs activités taxables, leurs ressources et les rémunérations versées. En revanche, elles peuvent bénéficier d’un abattement spécifique. CulturePay mentionne un abattement de 24 041 € pour les associations sur les revenus 2025 payés en 2026. Ce montant doit être vérifié au moment de déclarer, car il conditionne directement le solde réellement dû. Sur ce sujet précis, voir « Impôt sur les sociétés ».

Collectivités et cas publics

Les collectivités territoriales, établissements publics et organismes assimilés ont des règles spécifiques, notamment lorsque certaines rémunérations sont exclues ou lorsque l’activité relève d’un service public. Les pages des collectivités locales citent notamment l’article 231-1 du Code général des impôts et la franchise en base de TVA prévue à l’article 293 B. En cas de doute, le service des impôts des entreprises reste l’interlocuteur à privilégier.

Calculer la taxe sans se tromper de base

La taxe sur les salaires se calcule sur les rémunérations versées au cours de l’année. Elle s’applique selon un barème progressif : plus la rémunération taxable augmente, plus le taux applicable aux tranches supérieures progresse. Le calcul doit donc être fait salarié par salarié, puis agrégé au niveau de l’employeur.

Point à vérifier Conséquence pratique
Part du chiffre d’affaires soumise à TVA Si elle est inférieure à 90 %, la taxe peut être due
Montant annuel de taxe calculé Si le montant n’excède pas 1 200 €, la taxe n’est pas due selon impots.gouv.fr
Statut associatif Un abattement peut réduire ou annuler le montant à payer
Activités mixtes Les rémunérations doivent être rapprochées de l’activité taxable ou non taxable

Le seuil de 1 200 € est un repère essentiel : lorsque le montant annuel de taxe n’excède pas ce niveau, il n’y a pas de taxe à payer. Au-dessus, il faut déterminer la périodicité déclarative en fonction de la taxe acquittée l’année précédente, puis procéder aux versements ou à la régularisation. À lire aussi sur ce point : « CA12, CA3 ou CA12E ».

Déclarer et payer : formulaires, seuils et calendrier

La taxe sur les salaires relève d’une logique de paiement spontané sur l’espace professionnel impots.gouv.fr. Deux formulaires structurent la démarche : le formulaire 2501-SD pour les relevés de versements provisionnels et le formulaire 2502-SD pour la déclaration annuelle.

Personne remplissant un questionnaire fiscal au stylo, gros plan sur table en bois
Taxe acquittée l’année précédente Périodicité Échéance principale
Montant annuel n’excédant pas 1 200 € Aucune taxe due Pas de déclaration à déposer
Moins de 4 000 € Déclaration annuelle 2502-SD au plus tard le 15 janvier
De 4 000 € à 10 000 € Versements trimestriels 15 avril, 15 juillet, 15 octobre
Plus de 10 000 € Relevés mensuels Dans les 15 jours suivant le mois écoulé

Lorsque des versements provisionnels ont été effectués, une régularisation intervient en fin d’année. Impots.gouv.fr mentionne le 31 janvier comme date limite du complément de régularisation qui accompagne la déclaration annuelle. Cette distinction entre acompte, déclaration annuelle et solde est importante pour éviter un paiement incomplet.

Points de vigilance en cours de vie de l’activité

La taxe sur les salaires n’est pas figée. Une structure peut devenir redevable après une évolution de chiffre d’affaires, une nouvelle activité exonérée de TVA, une réorganisation interne ou une baisse de la part taxable. Il est prudent de refaire le test TVA chaque année avant de déposer la déclaration annuelle.

Cession ou cessation d’activité

En cas de cession ou cessation d’activité, le délai est raccourci. Impots.gouv.fr indique un dépôt dans les 60 jours. Ce point est particulièrement sensible lors d’une fermeture d’association, d’une transmission de cabinet ou d’une restructuration, car les rémunérations versées avant l’arrêt restent à examiner.

Le bon enchaînement pour sécuriser votre conformité

La méthode la plus fiable tient en quatre étapes : vérifier si au moins 90 % du chiffre d’affaires est soumis à TVA, calculer la taxe sur les rémunérations imposables, comparer le résultat au seuil de 1 200 €, puis choisir la bonne périodicité déclarative selon la taxe payée l’année précédente. En cas de situation mixte, d’abattement associatif ou d’opération exceptionnelle, une validation auprès du SIE permet de sécuriser la position retenue. Sur ce sujet précis, voir « Déclarer la TVA d’une entreprise ».